Samir Majoul: nous sommes face à un Tsunami financier, mais il faut préserver le capital humain

“Je suis en colère”.

C’est ainsi que s’est exprimé Samir Majoul, président de l’UTICA, lors de son intervention hier, vendredi 20 mars 2020, sur la chaîne El Hiwar Ettounsi.

En effet, le président de l’UTICA a qualifié la pandémie de “tsunami qui va emporter tout le monde”, ajoutant que la Tunisie vit actuellement dans une situation “très difficile”. Et d’ajouter: “Nous sommes face à un risque financier très important”. Mais le plus important, pour Majoul, c’est de “préserver le capital humain”. Le président de l’UTICA a appelé dans ce cadre à revoir les choix de l’État et d’accorder plus d’attention à assurer l’autosuffisance dans les produits vitaux.

Majoul a appelé aussi l’État à soutenir le secteur privé qui, durant les 10 dernières années, était selon ses dires “le seul à investir dans le pays”. Et d’ajouter: “Aujourd’hui, je suis responsable de la survie de mes projets”.

Les PME font face à une situation très difficile, affirme Majoul. D’abord, le confinement décrété fait que plusieurs entreprises seront à l’arrêt total pendant, au moins, quelques semaines. Et même une fois cette crise passée, le retour à la normale des marchés mondiaux prendra, selon lui, du temps. “Il ne faut pas s’attendre à une reprise complète de l’économie avant 7 mois”, a-t-il prévenu.

Entre temps, “il n’en est pas question de ne pas verser les salaires”, affirme et rassure le chef du syndicat patronal. “C’est notre mission”, a-t-il ajouté. Mais toutes les entreprises ne sont pas capables de le faire: “Il faut un relais … de la trésorerie au service de l’entreprise”, a-t-il indiqué. Pour y arriver, la BCT a un rôle à jouer et doit intervenir. Selon lui, il est essentiel d’assurer la continuité du financement du fonds de roulement des entreprises “qui vont perdre la totalité de leur chiffre d’affaires pour cette année”. Et d’ajouter: “Il faut que les banques suivent. Mais pour ce faire, il faut une garantie de l’État”.

Le président de l’UTICA réclame aussi “d’arrêter les pendules”. “Ce serait insensé de demander aux entreprises de payer le fisc ou la CNSS”, a-t-il indiqué. Et d’ajouter: “Mon message aux entreprises est clair: prioriser le versement des salaires aux paiements au profit de l’État”. “Tout ce que nous demandons c’est une période de grâce”.

Le président de l’UTICA a par la même occasion déploré la diabolisation des investisseurs. “Les vrais corrompus sont ceux qui sont en train de faire perdre à la Tunisie des opportunités de développement et de croissance”.

Par ailleurs, Samir Majoul a indiqué que la priorité, aujourd’hui, est de lutter contre la pandémie et d’assurer la bonne santé de tous les Tunisiens.