Education : les écoles pilotes, facteur d’inégalité sociale selon une experte

Dans un précédent article, nous nous sommes essentiellement axés sur l’aspect économique des inégalités évoquées par les experts présents lors de la seconde édition d’Econ4Tunisia. A présent, examinons plutôt les questions d’ordre social. Le système éducatif tunisien a été examiné par les experts présents. Lors de son intervention, Lila Peters, Représentante Résidente de l’UNICEF en Tunisie, a souligné l’existence d’une crise de l’apprentissage en Tunisie et dans la région MENA d’une manière plus générale.

La crise tunisienne, selon elle, dure depuis plus de 20 ans. Elle affirme que des politiques délibérées ont mené à la situation actuelle. Selon une étude qui a porté sur 12000 ménages, 50% des enfants de 3 ans vont à l’école en Tunisie. Sur ces 50%, 62% sont dans les zones urbaines et 26% sont issus des zones rurales. L’Etat tunisien ne dispose pas des moyens suffisants en vue de garantir aux enfants tout ce dont ils ont besoin.

Seulement 28% des élèves ont des compétences en mathématiques

D’un autre côté, la Représentante Résidente de l’UNICEF considère que le système éducatif tunisien a commencé à déroger de son rôle d’ascenseur social depuis la création des écoles pilotes. Ces établissements n’ont fait qu’accroître les inégalités entre les enfants issus de familles aisées et ceux issus des familles plus modestes. « C’est une pure discrimination. Le futur gouvernement doit abolir les écoles et les collèges pilotes afin de permettre aux enfants d’être sur un même pied d’égalité », a-t-elle dit.

Autre élément abordé par Lila Peters : le manque de volontariat en Tunisie. De fait, les moyens existent, mais les responsables, selon elle, on du mal à passer à l’action. « La Banque Mondiale (BM) a accordé 100 millions de dollars à la Tunisie afin de lui permettre d’accélérer les investissements dans les classes préparatoires. L’enveloppe a encore du mal à être décaissée ! », a-t-elle souligné.

L’experte a aussi déploré la baisse du niveau des élèves tunisiens. Selon la même enquête, 66% des enfants âgés entre 7 et 14 ans ont des compétences en mathématiques et en lecture. Pis encore : seulement 28% des enfants tunisiens âgés de 7 à 14 ans ont des compétences en mathématiques. « La qualité de l’éducation en Tunisie a commencé à se détériorer depuis la création des écoles pilotes », a-t-elle rappelé. Dans ce contexte, il est vital, selon la Représentante Résidente de l’UNICEF, de mettre en place un mécanisme d’allocation familiale pour chaque enfant tunisien. Ainsi, il sera possible de leur permettre d’accéder à l’éducation et, aussi, à la santé.