Être un bon manager, cela s’apprend !

Pour être un bon manager, le plus dur est le changement des habitudes et l’acquisition d’une nouvelle démarche. Certains croient même qu’il s’agit bel et bien d’un don divin, inaccessible à tous, ceci est loin d’être la réalité. Les témoignages recueillis par Le Manager ne font que confirmer cela. Coups de projecteurs.

« Grâce au coaching, j’ai pu découvrir mon profil Nova ainsi que celui de mes collègues et collaborateurs et à adapter mon discours à la personnalité de chacun. En tant que directrice ressources humaines, ceci m’a énormément aidée ». C’est ce qu’a affirmé au Manager Sonia Béji, de la Mutuelle Assurance de l’Enseignement. Dans le monde de l’entreprise, il est souvent admis que ce sont les collaborateurs faisant preuve d’une parfaite maîtrise des aspects techniques du métier qui réussissent le plus à gravir les échelons. Pourtant, devenir manager nécessite bien plus que des compétences techniques, et de plus en plus d’entreprises en ont pris conscience. La MAE fait partie de ces entreprises. Elle a développé tout un programme au profit de ses cadres pour les coacher.

L’expert qui ne l’est plus

Pour bien diriger son équipe, un manager est appelé à se doter d’un ensemble de compétences sur le plan relationnel. Car pour atteindre les résultats escomptés, il doit savoir faire travailler les autres. Il est dans ce cadre amené à prendre deux types de responsabilités. L’une consiste à gérer son équipe, l’autre à gérer le contexte dans lequel évolue cette équipe. Cela signifie que le manager est responsable de la gestion des frontières à l’intérieur desquelles agit son équipe. En d’autres termes, il s’agit des relations de cette équipe avec d’autres groupes, internes à l’organisation ou externes. Il est de ce fait important que le manager puisse analyser ce qui se passe dans l’environnement concurrentiel pour assurer que le plan qu’il a défini pour son équipe est à la fois approprié et bien exécuté. Mais les nouveaux managers limitent souvent leurs horizons en se concentrant simplement sur leurs équipes. Et c’est là que se manifeste la complexité de ce rôle, explique Rym Kassous, fondatrice du cabinet Formaxion et coach ICF.

Apprendre à ne plus faire

Le manager, souligne Rym Kassous, doit donc être en mesure d’exercer un certain niveau de leadership sur son équipe et de fédérer les efforts autour d’une vision commune. Pour réussir, un manager est donc censé savoir déléguer. Les compétences techniques que la personne a accumulées des années durant peuvent ainsi devenir obsolètes, dans le sens où elles ne seront plus requises pour accomplir sa mission. Les nouveaux managers se sentent alors en dehors de leur zone de confort, notamment en termes de compétences relationnelles, ce qui peut générer du stress. Le hic est que souvent, on ne montre pas aux nouveaux managers comment le faire. S’adapter à cet aspect peu confortable du rôle de manager devient alors une partie importante de la transformation.

Commencer par soi

La bonne nouvelle est que, malgré tout cette complexité, être un bon manager s’apprend ! « Lors des séances de coaching, nous voyons que les collaborateurs et les managers sont capables d’améliorer leur façon de faire, et surtout leur attitude relationnelle avec les autres », a assuré Mariem Besbes, enseignante PNL, fondatrice d’Alliance Coaching. La tâche est loin d’être facile car c’est ce changement d’identité professionnelle que les gens trouvent le plus difficile. C’est pour cela que Kessous a insisté sur l’importance d’avoir de la volonté et prendre conscience de l’importance de se doter des bons outils. Et d’ajouter: « Il ne faut pas oublier aussi que tout le monde ne veut pas être manager ! Le coaching est, selon elle, un levier important pour réussir à assurer une transition fluide en tant que manager. « Un coach se base sur les forces et les faiblesses de la personne ainsi que sur son style de management pour adapter son coaching », a-t-elle indiqué. « Une personne étrangère pourra beaucoup plus facilement avoir le recul nécessaire que le manager peut ne pas avoir, alors qu’il est face à ces difficultés », a noté Besbes.

Mais avant d’acquérir des compétences en gestion d’équipe, un manager doit commencer par apprendre à « se gérer » soi-même. Car pour réussir en tant que manager, il est essentiel d’adopter de nouvelles attitudes, de nouvelles valeurs et une nouvelle vision du monde. « Il faut tout d’abord veiller à développer le leadership intérieur », a indiqué au Manager Mohamed Rekik, directeur central réseau commercial de la Banque Zitouna. Et pour être aligné avec ses propres valeurs, bien connaître sa mission, et avoir la capacité de se gérer soi-même, « Il faut commencer par bien se connaître soi-même », souligne Kassous. Le profiling est ainsi une étape importante dans ce parcours transitionnel. Non seulement il permet à la personne de mieux se connaître, mais aussi au coach de détecter les points sur lesquels il faut travailler et, par ricochet, de bien choisir ses outils. Car pour pouvoir accomplir sa mission, un coach dispose de plusieurs outils tels que la PNL, la systémique, la process communication, les thérapies brèves, etc. « Un coach doit accompagner les personnes avec différentes sortes de problématiques », a souligné Mariem Besbes. « Et avoir une boîte à outils bien fournie qui lui permet de s’adapter aux besoins de chaque personne ». Avec la thérapie brève, par exemple, il est possible de résoudre une problématique en moins de trois séances. La relation conflictuelle avec la hiérarchie d’un collaborateur est souvent due à une relation malsaine avec l’un de ses parents. Une telle situation peut être résolue en une ou deux séances, a expliqué au Manager Mariem Besbes. La PNL permet, de son côté, d’établir un climat de confiance avec l’autre, « par exemple par la synchronisation sur le comportement ou sur la voix », a-t-elle indiqué. Cette synchronisation va assurer l’établissement d’un environnement propice à l’échange des idées. « Bien communiquer et avoir la capacité de convaincre est essentiel pour réussir en tant que manager, mais pour pouvoir acquérir de telles compétences, il faut se rendre compte de son importance », souligne-t-elle.

Ô communication !

Mohamed Rekik, directeur central réseau commercial de la Banque Zitouna, a, des années durant, tiré pleinement profit des bienfaits qu’offre le coaching. Selon lui, le coaching est un atout majeur pour les managers qui leur permet d’acquérir les compétences nécessaires, notamment en termes d’écoute des besoins des collaborateurs afin d’agir de la manière la plus optimale. Mohamed Rekik, qui a fait appel au coaching depuis plusieurs années, a souligné que « dans un tel cadre, il faut aller au-delà de l’écoute active. C’est l’écoute empathique qu’il faut maîtriser. Celle qui permet au manager de se mettre à la place de la personne en face ». Cela permet de changer la nature de la relation, d’une confrontation entre « le moi » et « le toi », à une synergie entre les membres de l’équipe profitant à toute l’équipe. C’est justement cette synergie dans le management qui a permis à la Mutuelle Assurance de l’Enseignement d’élaborer tout un programme de montée en compétences managériales grâce au coaching. De son côté, Sonia Beji, directrice ressources humaines à la MAE, a souligné qu’acquérir ces compétences relationnelles a énormément contribué à l’amélioration de la paix sociale au sein de l’entreprise en créant une atmosphère propice à l’écoute et à la compréhension mutuelle. « Il est d’une très grande utilité pour les managers de pouvoir détecter les spécificités de la personnalité de la personne d’en face afin de pouvoir adapter son discours et la manière dont il faut réagir », a-t-elle affirmé. Dans la même lignée d’idées, Mohamed Rekik a souligné que le manager doit pouvoir « tuer son égo ». Et d’ajouter : « C’est ce qui permet au manager d’être vraiment à l’écoute des besoins réels des membres de son équipe ». La communication positive peut aussi jouer un rôle important pour permettre au manager d’atteindre ses objectifs. « Éviter les querelles et avoir une position d’ouverture, écouter les autres, et se faire comprendre est important », a souligné Mariem Besbes. S’il y a bien un point en commun entre les différents témoignages recueillis par Le Manager, c’est la continuité dans le temps des efforts de coaching afin que les managers puissent capitaliser sur leurs expériences professionnelles et se familiariser avec les problématiques qu’un tel cadre peut poser. Le coaching, souligne Kassous, apporte une autonomie qui est très importante pour bien encadrer les nouveaux managers. Pour Sonia Beji de la MAE, l’impact de la prise de conscience de l’importance des compétences « humaines » au sein de l’entreprise se fait positivement sentir au niveau des performances financières. « Ceci a contribué à créer une atmosphère propice à la productivité et à développer un sens d’appartenance plus important pour les collaborateurs à tous les niveaux ».