Quelles attentes pour l’économie mondiale en 2020 ?

Bassem Ennaifar

Les prévisions des plus grandes banques mondiales pour 2020 sont déjà là. Elles concernent essentiellement l’évolution du taux de change, la croissance mondiale et le cours du baril.

L’unanimité sur la baisse du dollar

Pour le taux de change, tous les avis convergent vers un dollar plus faible en 2020 par rapport à l’euro. Néanmoins, l’ampleur de la diminution serait légère. D’ailleurs, et lors de sa dernière réunion, la Fed a laissé ses taux inchangés et a signalé qu’elle n’a pas l’intention de les faire baisser davantage l’année prochaine. Bloomberg affiche un consensus d’un taux EUR/USD à 1,16 pour 2020.

Mais ce chiffre ce niveau de parité ne reste qu’une estimation qui pourrait ne pas tenir. Face à une Europe qui surfe sur des taux négatifs, les investissements en dollar resteraient toujours rentables. De plus, le sort de la guerre commerciale entre le pays de l’Oncle Sam et la Chine serait décisif bien qu’une lueur d’espoir est là.

Croissance mondiale en berne

Pour les bureaux de recherche des banques, la croissance mondiale serait aux alentours de 2,5% en 2020. Pour la Banque Mondiale, elle est plus optimiste en tablant sur 2,7% (contre 2,6% en 2019). Cette légère reprise suppose une croissance soutenue dans les pays émergents (7% en Asie du Sud et 5,9% en Asie de l’Est et Pacifique), et donc une reprise des investissements dans cette région. Autre condition pour que ce rythme se concrétise : déployer des mesures contra-cycliques efficaces et mettre en place des réformes structurelles.

L’OCDE s’attend à la croissance mondiale la plus faible depuis la crise financière de 2008, pourtant à 2,9%. La principale source d’inquiétude est la Chine avec une progression limitée à 5,5%. Pour la Zone Euro, l’organisation s’attend à une croissance de 1,1% seulement. Globalement, Pour l’OCDE, les gouvernements doivent faire des choix politiques clairs pour répondre aux nouveaux défis, essentiellement les changements climatiques et la numérisation des économies.

Un baril encore moins cher

Cette adhésion à l’idée d’une croissance modeste met la pression sur les perspectives du pétrole. Tous les experts sont d’accord que si l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ne réduise davantage pas sa production en 2020, les stocks mondiaux pourraient s’accumuler davantage, entraînant une forte baisse des prix. L’Agence Internationale de l’Energie estime que le marché sera excédentaire tout au long de l’année grâce à la production américaine. Les saoudiens, surtout après la cotation d’ARAMCO, devraient se montrer plus ferme sur cette question.

Bonnes ou mauvaises nouvelles pour la Tunisie ?

Toutes ces perspectives annoncent une année mitigée pour la Tunisie. Encore une fois, nos exportations risquent de pâtir d’une demande européenne toujours fragile. Le prix du pétrole devrait donner une bouffée d’oxygène au niveau budgétaire. Néanmoins, un Euro plus fort n’est pas tout à fait très bon pour nous puisque la majorité de nos dettes sont libellées en cette devise (52%).

Mais au-delà des estimations, notre performance dépendra de nous, et uniquement de nous.

Bonne année 2020.