Suspension du libre-échange avec la Turquie : le Maroc va-t-il franchir le pas ?

Pour le Maroc, il est temps de mener une étude globale sur les retombées des différents accords de libre-échange qui ont été signés par le Royaume. L’étude en question devrait être menée par le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce. Pour Hafid Elalamy, ministre marocain de l’Industrie, la nécessité de revoir certains accords de libre-échange s’impose. Il va plus loin : le Maroc, selon lui, est prêt à tirer un trait sur certains de ces accords au cas où “ils nuiraient à l’économie et aux intérêts du pays”.

D’après des informations relayées par le journal Al Akhbar, c’est principalement l’accord signé avec la Turquie qui serait dans le viseur des autorités marocaines. Depuis cette signature en 2006, le Maroc, selon le même journal, “n’a pas cessé de crouler sous les marchandises turques”, d’autant plus que le déficit commercial vis-à-vis de la Turquie a continué de se creuser : de 4,4 milliards de dirhams en 2006, il est passé à 16 milliards en 2018. Par conséquent, la suspension – ou la révision – de l’accord de libre-échange s’impose.

Il faut dire que la Tunisie est en train de subir la même tendance turque depuis la signature d’un accord de libre-échange en novembre 2004. Malgré la révision opérée en 2014, le déficit commercial de la Tunisie vis-à-vis de la Turquie s’est aggravé. D’après l’INS (Institut national de la Statistique), il a atteint les 2 milliards de dinars durant les 10 premiers mois de 2019. En 2014, il était de 1 milliard de dinars, passant à 1,33 milliard en 2015, 1,48 milliard en 2016, 1,85 milliard en 2017 et 2,3 milliards en 2018. Il est clair qu’une révision s’impose pour notre cas.

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