Lutte contre le réchauffement climatique : que peut le progrès ?

Le changement climatique menace de bouleverser le visage de la Terre. Le réchauffement de la Terre n’est pas un canular chinois pour taquiner les États-Unis. C’est un phénomène prouvé depuis des années par les chercheurs et les scientifiques et dont les effets se font déjà sentir. D’après des données collectées par la NASA, la température a augmenté de 1°C depuis l’an 1900. Les initiatives se multiplient et n’épargnent aucun aspect de la vie humaine. Voici un aperçu de quelques-unes des initiatives visant à lutter contre le changement climatique.

Le prix du carbone est un outil économique destiné à intégrer dans les prix de marché les coûts cachés des dommages causés par les émissions de gaz à effet de serre, afin d’orienter les décisions des consommateurs vers des solutions à bas contenu en carbone. Cet outil est appliqué selon différentes approches. A titre d’exemple, on cite la mise en place d’un système d’échange de quotas d’émission (ETS) qui plafonne le niveau total d’émissions de gaz à effet de serre.

Les industries à faibles émissions peuvent pour leur part vendre leurs quotas supplémentaires à de grands émetteurs. En créant un marché de l’offre et de la demande de quotas d’émission, un ETS établit un prix de marché pour les émissions de gaz à effet de serre. Ce plafond permet de garantir que les réductions d’émissions nécessaires auront lieu afin de maintenir les émetteurs (globalement) dans les limites de leur budget carbone préalloué. Le Canada dispose actuellement de l’un des programmes de tarification du carbone les plus ambitieux au monde.

Sous le Premier ministre Justin Trudeau, le gouvernement libéral a adopté une taxe nationale sur le pétrole, le charbon et le gaz, qui commence à 15 CA$ la tonne de dioxyde de carbone. Cette taxe passera à 38 CA$ la tonne d’ici 2022. La majeure partie des recettes sera reversée aux Canadiens sur leur facture d’impôt ; le gouvernement estime que ces remboursements compenseront la hausse des coûts de l’énergie pour environ 70% des habitants. Un certain nombre d’industries clés confrontées à une concurrence intense, comme l’acier et les produits chimiques, sont exemptées de la taxe canadienne. Si vous avez des doutes sur l’efficacité d’un tel mécanisme pour réduire l’émission des gaz nocifs dans l’atmosphère, l’exemple britannique les dissipera.

En effet, la loi y a été tellement efficace qu’au berceau de la révolution industrielle, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1890 ! Un facteur essentiel de cette success story : une taxe sur le carbone de l’ordre de 25 dollars la tonne de CO2 qui a poussé les services publics de production d’électricité à abandonner le charbon et de le remplacer par le gaz naturel, plus propre. Le dernier entrant en date dans le club des pays taxant le carbone n’est autre que l’Allemagne. Le pays se place comme le sixième émetteur d’émissions de CO2 dans le monde contribuant à hauteur de 2% des émissions globales.

L’Allemagne vient de passer une loi de prix de carbone qui affecte les entreprises qui produisent et vendent de l’essence, du charbon, du fioul domestique et des combustibles similaires. Ces entreprises devront désormais acheter des certificats pour compenser les émissions de dioxyde de carbone de leurs produits. Le prix du carbone allemand sera toutefois nettement inférieur au prix actuel de l’UE, du moins au début, à partir de 10€ par tonne en 2021 pour atteindre 35€ en 2025.

Révolution Automobile : une valse à deux temps

Le marché mondial des véhicules électriques (VE), moins polluants, continue de se développer, avec un potentiel de chiffre d’affaires de 11 millions de dollars en 2025. La Chine est le premier marché des véhicules électriques avec une part de marché mondiale de 48%, suivie de l’Europe avec 26%. Cette évolution rapide a inspiré les décideurs dans plus de neuf pays et une douzaine de villes à annoncer des « interdictions » de la vente des véhicules diesel dans les années à venir.

La Norvège, par exemple, éliminera progressivement les voitures classiques d’ici 2025, suivie par la France et le Royaume-Uni respectivement en 2040 et en 2050. Toutefois, malgré tous ces engagements, aucun pays n’a réellement décrété une loi concrétisant ces interdictions. Ces annonces sont du reste des signes forts de la transition à venir, poussant les constructeurs automobiles à investir dans les voitures électriques. Et ça n’a pas manqué : au cours des deux dernières années, les constructeurs automobiles se sont empressés de déployer des projets d’électrification de leurs véhicules. Daimler consacrera ainsi 11,7 milliards de dollars à la construction de 10 modèles électriques et de 40 modèles hybrides, avec des projets d’électrification de l’ensemble de sa gamme. Volkswagen AG souhaite de son côté électrifier ses quelques 300 modèles d’ici à 2030.

En Chine, Volvo ne sortira que des modèles électriques à partir de 2019. En parallèle, des mesures incitatives ont été déployées au profit des véhicules électriques. La Norvège, où 52% des voitures neuves vendues en 2017 étaient des voitures électriques, offre aux acheteurs de véhicules électriques des milliers de dollars en avantages, tels qu’un stationnement gratuit ou subventionné, péages et recharge, ainsi que de généreux allégements fiscaux. La Chine a, de son côté agit au niveau de l’offre en mettant en place un système de crédit. Celui-ci attribue plus de crédits positifs aux voitures totalement électriques qu’aux hybrides : les premières obtiennent de deux à six crédits en fonction de l’autonomie, tandis que les seconds n’en reçoivent que deux.

Le gouvernement a mis également en place un système d’échange de crédits. Si un constructeur finit par avoir un solde créditeur négatif, dans les cas les plus graves, il pourrait être pénalisé par une ordonnance d’arrêt de la production de véhicules à consommation de carburant élevée. Le gouvernement chinois, souhaitant créer un écosystème de transport entièrement électrique, a également construit des stations de charge publiques. 214 000 d’entre elles étaient déjà en place à la fin de 2017.

Complete Streets : la rue appartient à tous

Mais ce qui est encore moins polluant, c’est de baisser le nombre de voitures ! Et c’est justement ce que prêchent les partisans de l’approche Complete Streets, ou Rues complètes. Il s’agit en effet d’une approche qui exige que les rues soient planifiées, conçues, exploitées et entretenues de manière à permettre des déplacements sûrs, pratiques et confortables, ainsi qu’un accès pour les utilisateurs de tous âges et de toutes capacités, quel que soit leur mode de transport.

En offrant un confort et une sécurité pour les personnes qui souhaitent marcher ou faire du vélo, Complete Streets peut réduire le nombre de personnes conduisant dans leur voiture, ce qui entraîne une réduction des émissions des gaz à effet de serre. Selon une étude publiée en mai 2019, la marche ou le vélo pourraient remplacer 41% des courts trajets en voiture, ce qui permettrait d’économiser près de 5% des émissions de dioxyde de carbone résultant des déplacements en voiture. Ainsi la ville américaine de Boulder, Colorado a pu réduire de 227 tonnes par an ses émissions en dioxyde de carbone en implémentant cette approche dans ces rues.

Limiter le gaspillage alimentaire

Chaque année, environ un tiers de tous les produits alimentaires produits, ce qui équivaut à 1,3 milliard de tonnes d’une valeur d’environ 1 billion de dollars, finissent par pourrir dans les bacs des consommateurs et des détaillants. Les Nations Unies estiment que si le gaspillage alimentaire était un pays, ses émissions de gaz à effet de serre se classeraient au troisième rang mondial. Ce gaspillage alimentaire cause au climat entre 19 et 29% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

De ce fait, plusieurs politiques ont été mises en place dans le but d’encourager le recyclage des aliments. Certes, le recyclage est préférable car il évite que les aliments rejettent du méthane dans les décharges. Néanmoins, la production, la transformation, la distribution, le chauffage et le refroidissement de ces aliments étaient déjà à l’origine d’émission de gaz à effet de serre. Ainsi, la meilleure stratégie d’atténuation du gaspillage alimentaire pour le réchauffement climatique est d’éviter une production alimentaire inutile ou de trop. La Californie, par exemple, a adopté un projet de loi exigeant qu’au moins 20% des aliments comestibles qui seraient autrement éliminés d’ici 2025 soient récupérés pour être consommés.

Verdir la mode

L’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde. Chaque année, plus de 100 milliards de vêtements et accessoires sont vendus à travers le monde un chiffre qui a doublé en seulement 15 ans. L’apparition de nouvelles tendances, tel que la fast fashion n’a fait qu’aggraver la situation dans une industrie très gourmande en ressources. A titre d’exemple, du champ de coton à la boutique, un jean peut parcourir l’équivalent de 1,5 fois la circonférence de la Terre et nécessite 2000 litres d’eau pour être fabriqué. Cela fait que l’industrie de la mode produit 20% des eaux usées mondiales et 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que l’ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime !

Si rien ne change, le secteur de la mode utilisera un quart du budget carbone mondial d’ici 2050, alerte le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Il a été estimé que moins de 1% du matériau utilisé pour fabriquer des vêtements est recyclé dans l’industrie du vêtement. Ceci fait que près de 60% de tous les vêtements produits sont jetés dans l’année suivant leur production, soit par mise en décharge ou par incinération, soit un camion à ordures par seconde. Un nombre grandissant de fashionistas écologiquement conscientes se tournent vers les articles d’occasion et les friperies ont pu retrouver leur éclat.

Plusieurs startups, à l’instar de Dabchy.com, offrent même des marketplaces en ligne pour l’échange d’articles d’occasion. Parmi les efforts qui ont été également déployés pour tenter de réduire l’empreinte écologique de l’industrie de la mode est l’usage des énergies renouvelables tout au long du process de fabrication et de distribution de leurs articles. Et s’il n’est pas possible de recycler les tissus utilisés par les designers pour créer leur chef-d’œuvre, ne serait-il pas possible d’utiliser dans leurs créations des matériaux recyclés ? L’idée a tenté plus d’une marque qui ont expérimenté avec des vêtements fabriqués en plastique recyclé, tel que des manteaux Patagonia, et les espadrilles Nike.

L’action contre le réchauffement climatique est sur plusieurs fronts et les options sont multiples. Ce qui importe aujourd’hui : agir vite ensemble !

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