Pétrole : avec un baril à 58 dollars, peut-on s’attendre à une baisse des prix en Tunisie ?

Tout le monde avait craint un choc pétrolier après les attaques ayant visé des installations pétrolières en Arabie Saoudite le 14 septembre 2019. L’Iran a été pointé du doigt par le Royaume et les Etats-Unis. Le surlendemain, les prix du pétrole s’étaient envolés, atteignant les 67,89 dollars le baril de Brent de la mer du Nord – qui est la référence mondiale -.

Ce mardi 8 octobre 2019, et depuis la montée des tensions, le cours de l’or noir a tangiblement baissé, allant même en dessous de la barre des 60 dollars : 58,45 dollars, soit une baisse de près de 20% en l’espace de quelques semaines seulement.

Comment expliquer cette baisse des prix malgré l’affolement des investisseurs et la tension palpable ? Si sa production avait drastiquement baissé après les attaques, passant de 10 millions de barils par jour à 6 millions, l’Arabie Saoudite disposait, en fait, d’un stock de réserves stratégiques, d’autant plus qu’elle a poursuivi les opérations de livraison.

Autre élément pouvant expliquer la baisse rapide du cours de pétrole : les craintes d’une récession mondiale, en plus de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. De fait, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) avait prévu une croissance mondiale de 3,2%. Or, elle a récemment revu ses prévisions à la baisse. Conséquence : la demande en pétrole est moins importante. D’un autre côté, l’offre n’a pas baissé. Si l’OPEP (Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole) et la Russie ont décidé de réduire leurs quotas, ce n’était pas le cas pour les Etats-Unis. En effet, ces derniers ont même choisi d’augmenter leur production pour atteindre, désormais, les 10 millions de barils par jour.

Dans ce cas, comment expliquer le fait que les prix à la pompe sont toujours aussi élevés, notamment en Tunisie? En réalité, le contexte géopolitique est toujours aussi incertain. Les couteaux sont tirés entre l’Iran et les Etats-Unis. L’Iran, rappelons-le, a plus d’une fois menacé de bloquer le détroit d’Ormuz. A travers ce dernier, 35% de la production pétrolière mondiale est acheminée vers les pays importateurs.

En ce qui concerne la Tunisie, la dernière révision des prix a eu lieu en mars 2019. Or, depuis 2017, les prix à la pompe varient en fonction de l’évolution du cours mondial. Les automobilistes vont-ils prochainement devoir mettre la main dans la poche ?

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