Paiement mobile: un secteur en pleine évolution où l’Afrique est un leader mondial

Dans un monde où le digital ne cesse de gagner du terrain, le développement des services financiers mobiles s’accélère à un rythme soutenu. Ce développement n’avance cependant pas au même rythme pour tout le monde. Cette fois-ci, l’Occident n’est pas le seul à avancer à grands pas, comme le démontre l’indice des paiements mobiles élaboré par le cabinet Mazars.

Ce classement vise à établir une base commune permettant de comparer les opportunités relatives à la banque mobile, en analysant 17 marchés pertinents. Chaque marché est évalué en prenant en compte dix variables liées à trois aspects fondamentaux : la réglementation et les infrastructures, le comportement des clients et le taux de pénétration des paiements mobiles, expliquent les auteurs de l’indice.

Sans surprise, c’est la Chine qui se hisse au sommet du classement. L’Empire du Milieu a en effet plusieurs longueurs d’avance en matière d’utilisation des solutions mobiles, “bien que la réglementation et les infrastructures soient quelque peu en retard par rapport au rythme d’innovation”, estime le cabinet dans son rapport. En Chine, le nombre de paiements mobiles a été multiplié par dix depuis 2012, sous l’impulsion permanente des deux géants de la place, WeChat Pay de Tencent et Alipay d’Alibaba, qui modèlent le marché et le font évoluer.

Mazars explique le succès de ces deux géants et leur part de marché principalement par la facilité du service qu’ils proposent et son degré d’intégration. Mais le contexte social contribue aussi à ce succès, estime le cabinet : “En Chine, les clients ont davantage tendance à faire confiance aux applications mobiles plutôt qu’aux cartes de crédit et, par extension, aux paiements sans contact”.

Les États-Unis, deuxième du classement, offrent de leur côté une vision très différente des services financiers mobiles. La plupart des clients américains avaient déjà accès à une gamme complète de services bancaires, du paiement à l’investissement, en passant par la gestion de patrimoine. Aux États-Unis, la dématérialisation des services financiers a donc eu lieu progressivement, à la différence de la transformation rapide qu’on a pu observer en Chine. Bien que le marché américain soit fragmenté, il offre néanmoins d’excellentes conditions pour mettre en place des services financiers mobiles. Le comportement des consommateurs américains est encore très largement influencé par des habitudes qui remontent à une époque où le numérique n’avait pas encore envahi notre quotidien. Près d’un tiers des transactions des consommateurs s’effectue toujours en liquide, et l’Américain moyen signe 38 chèques par an. D’après la Bank of International Settlements, ce chiffre s’élève à 18 au Canada, à 8 au Royaume-Uni et est quasi nul en Allemagne.

L’Afrique est bien présente dans ce classement, bien que le premier pays africain n’occupe que la 8ème place. Il s’agit du Kenya, où le M-Pesa a vu le jour. D’ailleurs, c’est grâce à de telles innovations que, au cours de la dernière décennie, l’Afrique est devenue un leader mondial en matière de services financiers mobiles. De fait, plus de la moitié des entreprises de services financiers mobiles mondiales sont présentes sur le continent. L’indice des paiements mobiles de Mazars reflète ce phénomène : plusieurs pays obtiennent de bons scores concernant les infrastructures, la réglementation et la culture numérique.

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