Haute intensité de main-d’œuvre : l’Inde expose son expertise lors d’une conférence en Tunisie

L’Organisation internationale du travail a élu domicile en Tunisie pour l’organisation du 18ème séminaire régional des praticiens de la haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). 350 participants venus de plus d’une quarantaine de pays ont répondu présent lors de cette manifestation d’envergure internationale.

L’objectif de la conférence est de débattre, évaluer et partager des idées et des expériences sur les politiques, pratiques et options technologiques. Cette manifestation a été également l’occasion pour débattre les tendances du développement international liées au développement local, à la création d’emplois et à l’investissement intensif en emploi dans le secteur des infrastructures.

Cette conférence a vu la signature d’une convention entre la Caisse des dépôts et consignations et le Bureau international du travail. Les deux parties ont ainsi convenu à collaborer ensemble pour promouvoir le développement de 4 régions, à savoir Kasserine, Gafsa, Jendouba et Tataouine. Ce partenariat vise à soutenir et à accompagner les projets pilotes locaux notamment en matière d‘infrastructures locales valorisant les matériaux locaux avec les technologies alternatives. “Il s’agit de la première convention de ce genre que le BIT signe avec un pays africain”, a souligné à cette occasion Boutheina Ben Yaghlane, directrice générale de la CDC.

Favoriser l’emploi des populations locales

Le HIMO désigne les méthodes qui combinent des équipements légers avec de la main- d’oeuvre dans un mélange optimal afin d’assurer la qualité et minimiser les coûts lors de la création ou de la réhabilitation des infrastructures. Le but est d’investir dans des projets favorisant l’emploi des populations locales.

Dans ce cadre, l’expert indien Akali Murali a présenté aux participants le programme Mahatma Gandhi national rural employment guarantee act (MGNREGA). Il s’agit, selon lui, du plus large programme d’emploi dans le monde. En effet, rien que pour l’année fiscale 2018-19, ce programme a vu l’inscription de 113 millions chercheurs d’emploi, dont 77.8 millions qui ont été recrutés. En tout, le MGNREGA a généré 2.68 milliards de jours-hommes.

De quoi s’agit-il ?

Ce programme a pour but de garantir au moins une centaine de journées de travail, manuel non qualifié, en guise de soutien financier aux familles démunies dans les régions rurales du pays. Ces activités permettent la construction d’actifs productifs avec un minimum de qualité au profit des agriculteurs pauvres dans le voisinage direct des travailleurs.

Pour pouvoir bénéficier de ce programme, les intéressés sont appelés à déposer leur candidature. Le programme s’engage à recruter chaque candidat sous les 15 jours, sinon une allocation de chômage leur sera payé. Si le poste fourni se trouve en dehors d’un périmètre de 5 km du lieu de résidence, le salaire est augmenté de 10%.

Non seulement ce programme permet de garantir un revenu décent aux classes les plus démunies, mais aussi de contribuer au développement d’autres secteurs d’activité, notamment l’agriculture. De fait, parmi les projets entrepris dans le cadre de ce programme, l’expert a énuméré les systèmes d’irrigation, les structures de collecte d’eau, la construction d’installations pour le bétail, et même aider les agriculteurs dans leurs tâches journalières.

Puisque c’est de l’Inde qu’on parle, le programme est géré, dans tous ses aspects, par un système informatique développé spécialement pour cette tâche. Le but de ce système d’information est de contrer la corruption et de fluidifier toutes les procédures qu’un tel projet requiert: choix des projets, estimation de coûts, recrutement, contrôle qualité, gestion de la paie…

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