Le temps de travail évolue, pas encore chez nous !

Par Bassem Ennaifar

Selon une étude européenne récente (The Work force View in Europe 2019), 60% des Européens sont favorables à une semaine de travail de 4 jours ! Bien sûr, vous pouvez imaginer les résultats d’un tel questionnaire en Tunisie. Pourquoi les autres pays pensent à réduire le temps de travail alors que même une semaine complète ne suffit pas à créer suffisamment de valeur chez nous ?

Ailleurs, on cherche à atteindre cet équilibre vie professionnelle – vie privée. En d’autres termes, maximiser la valeur en peu de temps est beaucoup mieux que de bosser plus de jours en ayant la tête ailleurs. Les objectifs personnels ont la même importance que ceux collectifs. En Tunisie, ce n’est pas le cas. La productivité est faible et le temps de travail effectif laisse à désirer. On passe beaucoup de temps dans nos bureaux, pas pour traiter des dossiers, mais pour discuter sur les réseaux sociaux. C’est un triste constat que nous voyons quotidiennement. Avec ce tableau, est-ce que cette formule peut fonctionner chez-nous ?

Oui, mais pas dans toutes les structures. Pour le service public qui est déjà inefficient, il faut doper la productivité par tous les moyens. Par contre, il peut être utilisé comme facteur de motivation. A titre d’exemple, il pourrait servir pour combler le manque de personnel dans les administrations des régions intérieures. L’Etat pourrait encourager la mobilité vers les petites villes en offrant un temps de travail flexible.

Pour les entreprises privées, c’est possible mais pas dans toutes les activités. Dans l’industrie, c’est hors question d’évoquer une telle proposition. Les entrepreneurs, qui fonctionnent déjà en régime 48H/semaine, cherchent à allonger le temps de travail via des heures supplémentaires. Pour les services, cela reste possible pour les activités de programmation. Mais en même temps, cela ouvrirait les portes à des dérapages. Trois jours libres donnent des idées pour trouver un autre job de mi-temps.

La meilleure solution reste, à notre avis, d’appliquer ce système pour des périodes définies durant l’année pour les activités à forte saisonnalité. Durant les périodes soft, une entreprise pourrait appliquer ce régime en contrepartie d’une semaine de 6 jours durant les pics d’activité. Cette grille pourrait être acceptée par les employés. De nos jours, il faut innover pour parvenir à un temps de travail qui assure un minimum de temps pour la vie privée des individus.

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