Avec Libra, Facebook bascule le monde de la finance

Facebook a fait parler de lui depuis quelques semaines grâce à sa cryptomonnaie Libra. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il s’agit d’un moyen d’envoyer de l’argent instantanément et, surtout, gratuitement. 28 sociétés, Facebook y compris, vont assurer sa gestion, et ce nombre devrait atteindre une centaine d’entités. Nous trouvons actuellement Uber, Booking, Visa, Mastercard et PayPal parmi les sociétés déjà présentes dans le projet. Condition pour faire partie du consortium : un apport de 10 millions de dollars qui vont servir à constituer la réserve initiale de la monnaie.

La réserve sera investie dans des comptes bancaires en dollars, euros, yens et livres sterling. La valeur de la cryptomonnaie est une fonction croissante de la conversion de monnaies réelles en Libra. Facebook vise clairement les pays en voie de développement, offrant une alternative aux banques traditionnelles. Le leader des réseaux sociaux est en train de se diversifier en changeant son business model basé actuellement sur la publicité.

De plus, il faut penser à ce que va devenir ce géant dans quinze ou vingt ans, avec un nombre d’utilisateurs d’une monnaie qui dépasserait celui de n’importe quelle monnaie réelle. Sa réserve serait tellement importante que la simple décision de réduire le poids du dollar ou de l’euro dans son panier fera trembler les marchés. L’étalon des places financières ne sera plus le dollar mais plutôt Libra.

Cela devrait susciter l’inquiétude des banques centrales. Vendredi dernier, le G7 a annoncé la création d’un groupe de travail qui examinera les exigences anti-blanchiment à l’égard des cryptoactifs adossés à des devises, comme le Libra. Il y a une conviction que si le régulateur n’agit pas aujourd’hui, il sera trop tard dans quelques mois.

Maintenant, quelle serait la réaction de la Tunisie ? Avec plus de sept millions d’utilisateurs et l’impossibilité d’accéder aux autres cryoptomonnaies, il faut s’attendre à une ruée des Tunisiens sur la Libra. Il est temps de s’ouvrir sur ce monde capable de créer de la valeur s’il est bien contrôlé. C’est une condition nécessaire pour être une startup nation, comme on le veut.

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