Les 5 axes de la stratégie de l’État pour l’entrepreneuriat, selon Saïda Ounissi

Lors de sa participation à la première des Rencontres de l’Économsite Maghrébin, organisées en partenariat avec la Banque mondiale, Saida Ounisi, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle a présenté la stratégie de l’État pour développer l’entrepreneuriat. Détails.

La formation professionnelle joue un rôle important pour la préparation des jeunes au marché de l’emploi. Une étude réalisée récemment par le ministère de l’Emploi, en collaboration avec l’Agence française de développement et l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications, le prouve. “Plus de 67% des jeunes diplômés de la formation professionnelle trouvent un emploi”, s’est félicitée Saida Ounissi. “Ce taux passe à 77% dans des secteurs comme l’agriculture et la pêche”.

Le tableau n’est pas, pourtant, entièrement rose: moins de 10% des sortants de la formation professionnelle choisissent la voie de l’entrepreneuriat. “Nous sommes dans la nécessité de développer la formation entrepreneuriale”, a affirmé la ministre.

Une stratégie en 5 axes

Pour pallier ce manquement, le ministère de l’Emploi a développé, depuis 2016, une stratégie nationale qui a abouti à un plan d’actions en 5 programmes clés. “L’objectif est de répondre, dans le contexte actuel, aux besoins des jeunes et moins jeunes qui veulent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale”, a déclaré Ounissi.
Selon elle, c’est l’école primaire qui doit être le premier lieu de la sensibilisation à l’entrepreneuriat. Le ministère a dans ce cadre développé avec le ministère de l’Éducation un programme Édupreneuriat. “L’idée n’est pas d’avoir des matières exclues du reste du curriculum, mais de développer une approche pédagogique qui développe l’esprit entrepreneurial”, a expliqué Ounissi.

Selon la ministre, le “cadre législatif n’est pas adapté à l’entrepreneuriat”. Le Startup Act, adapté l’an dernier, n’est selon elle qu’une solution qui répond aux besoins d’une catégorie très particulière d’entrepreneurs. “L’auto-entrepreneuriat nécessite également un cadre législatif adapté”, a-t-elle ajouté. Un nouveau projet de loi a été préparé et sera soumis au conseil ministériel dès le mois de mars.

Le projet de loi sur le climat des affaires, annoncé depuis quelques mois par le ministère de l’Investissement, “obligerait l’administration à se moderniser et à changer son approche”, a indiqué Ounissi. Dans ce cadre elle a indiqué qu’un article “révolutionnaire” interdirait à l’administration de demander au citoyen un document qu’elle peut elle-même demander à une autre administration. Et de souligner que “cette loi va obliger les services publics à travailler ensemble”.

Faciliter l’accès au marché fait aussi partie de la stratégie gouvernementale. De fait, un accès privilégié aux marchés publics a été accordé aux primo-entrepreneurs. “Nous avons eu une première expérience dans ce domaine avec le ministère de l’Équipement en 2016 et nous avons le recul nécessaire pour dire qu’elle a réussi”, s’est-elle félicitée. De ce fait, cette expérience a été étendue pour inclure l’ONAS et le ministère de l’Éducation.
Les collectivités locales peuvent aussi entrer dans un cadre de gré à gré dans des projets avec les primo-entrepreneurs qui sont financés, formés et accompagnés par les services de l’État.

Autre obstacle de taille pour les jeunes entrepreneurs: le financement. “Il est difficile pour nombre d’entrepreneurs de fournir les garanties requises et des dossiers qui sont bancables”, a indiqué la ministre. Le Fonapram, qui permet aux entrepreneurs d’avoir des fonds propres pour pouvoir s’adresser aux banques, serait parmi les solutions proposées par l’État à ce problème. “Notre défi est de faire en sorte que ce fonds ne soit pas mobilisé uniquement par la BTS”, a signifié la ministre. De fait, 85% des requêtes d’intervention du Fonapram seraient lancées par la BTS. Selon Saida Ounissi, le gouvernement serait aussi en train de chercher à fournir de nouveaux mécanismes de financement, notamment le financement solidaire.

La ministre a enfin dévoilé que son département serait en train de développer une plateforme qui permettrait de coordonner entre les multiples services de l’État en charge du soutien des entrepreneurs. Elle sera active avant la fin de l’année, a-t-elle promis.

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