FITA 2019 : le rêve de l’intégration africaine se réalisera-t-il enfin ?

Rendez-vous désormais annuel, la conférence Financing, Investment, and Trade in Africa (FITA) a tenu sa séance inaugurale ce matin, 5 février 2019. Organisée par le Tunisia-Africa Business Council, cette conférence a vu la participation de plusieurs membres du gouvernement tunisien, mais aussi de ministres de pays africains tels que le Mali et la Guinée Conakry. Thème de cette édition: Pour une accélération du commerce et des investissements interafricains. Focus.

“Le continent a le plus faible taux d’intégration dans le monde”. C’est ainsi que Zied Ladhari, ministre de l’Investissement, a diagnostiqué la situation du continent africain. Effectivement, avec seulement 13% de commerce intercontinental, l’Afrique est loin derrière l’Europe (60%), l’Asie (50%) ou encore l’Amérique du Nord (40%). De fait, le commerce entre les pays africains est tellement faible que les échanges avec la Chine sont nettement plus importants, comme l’a noté Jalloul Ayed, président d’honneur de la TABC.

La Tunisie “quasi absente de la scène africaine pendant une longue période”, comme l’a indiqué Bassem Loukil, président de la TABC, n’a pas contribué à rectifier le tir. Loin de là. Selon Loukil, l’Afrique ne représente que 4% des exportations tunisiennes.

Renforcer la présence des entreprises tunisiennes en Afrique, bien qu’elle soit dans la to-do liste de nombre d’investisseurs locaux, se heurte à plusieurs obstacles. Selon Loukil, il s’agit principalement de “la faiblesse de la représentativité diplomatique” de la Tunisie en Afrique et de l’insuffisance des capacités logistiques. Le président de la TABC a également déploré la faiblesse du réseau bancaire tunisien sous-représenté dans un continent en pleine “effervescence économique”.

TABC multiplie les efforts

Le secrétaire général de Tunisian African Business Council (TABC), Anis Jaziri, a annoncé le lancement de TABC Academy et de TABC jeunes entrepreneurs.

TABC Academy va permettre, en collaboration avec les universités et les centres de formation tunisiens, d’offrir des formations aux jeunes africains dans des thématiques diverses, tel que intelligence économique, a expliqué au Manager Anis Jaziri. Ce partenariat incitera les universités privées et les centres de formation professionnelle à s’installer en Afrique, mais aussi les jeunes Africains à venir se former en Tunisie.

Quant à la TABC jeunes entrepreneurs, il s’agit d’un organisme qui va assister les jeunes entrepreneurs et les startupeurs à se déployer en Afrique subsaharienne. “Les jeunes startups ont besoin d’assistance pour découvrir le marché africain”, a-t-il indiqué.

Les 3 défis de l’Afrique

Dans son allocution inaugurale, Zied Ladhari a classifié les défis de l’Afrique en 3 axes majeurs. Il s’agit d’abord d’un “déficit d’image”. L’Afrique était, pendant de longues années, associée aux crises et aux turbulences, “alors que c’est une terre qui a un potentiel énorme de développement”, a-t-il indiqué. Ladhari a cependant noté qu’il y a une prise de conscience des atouts du continent qui représentent un “préalable pour stimuler la croissance”. Vient ensuite la faible intégration régionale. “Nous sommes le continent le moins intégré où seuls 13% de notre commerce sont interafricains”, a-t-il déploré. Et d’ajouter : “Il y a donc lieu de développer les opportunités pour atteindre les 30 voire les 40% de commerce interafricain”. Le troisième axe, selon le ministre est celui de l’investissement qui reste à un niveau faible dans les pays africains, “avec une moyenne de moins de 20% du PIB”, ajoute-t-il.

800 M$ pour les entreprises tunisiennes

Ce déficit d’investissement représente un obstacle de taille pour le développement du tissu entrepreneurial à travers le continent, y compris en Tunisie. Pour contribuer à y remédier, Benedict Okey Oramah, président d’Afreximbank, a annoncé que son institution met à la disposition des entreprises tunisiennes des financements de l’ordre de 800 millions de dollars. Il s’agit en effet de deux lignes de crédit. La première, d’une valeur de 500 M$ est destinée aux entreprises tunisiennes et la seconde, de 300 M$, sera dédiée aux banques tunisiennes.

De son côté, Bassem Loukil a annoncé que l’Afreximbank a promis de rouvrir son bureau en Tunisie dans les semaines à venir, mettant ainsi fin à une absence de plus de 13 ans.

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