Quels talents pour un monde en pleine révolution technologique ?


Marcos Ramirez Amoretti, Cebrail Taskin et Taoufik Jelassi — Crédits photo: Le Manager

La révolution digitale promet un changement profond des emplois. Comment s’y préparer? Pour essayer de trouver la réponse à cette question, Education for Employment et l’association des Alumni du MSB ont organisé hier, 13 novembre 2018, une conférence qui a vu la participation de Taoufik Jelassi, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de Cebrail Taskin, ancien CTO de Turk Telekom International et de Marcos Ramirez Amoretti, senior associate director data science and technology at IE School en Espagne.

Plus que jamais, le monde est secoué par une évolution technologique qui n’épargne aucun secteur. Qu’il s’agisse d’impression 3D, de réalité virtuelle et augmentée, de robots intelligents ou de blockchain, certaines innovations technologiques auraient des implications profondes sur la société humaine, a indiqué Cebrail Taskin.

La digitalisation apportera également son lot de changements aux entreprises. Le numérique dote les entreprises des outils nécessaires pour améliorer la customer experience, pour créer de nouvelles sources de revenus et pour se doter d’agilité pour faire face à la rude compétition. Cette digitalisation n’est sans doute pas sans répercussions sur la workforce, prévient l’expert.

De fait, si l’on croit aux chiffres de Marcos Ramirez Amoretti, plus que la moitié des emplois actuels sont techniquement automatisables et l’intelligence artificielle pourrait remplacer pas moins de 5 millions d’emplois d’ici 2020. Contrairement à ce que l’on peut croire, le bilan n’est nécessairement pas négatif. Entre 2016 et 2025, on s’attend à la création de plus de 15 millions de postes hautement qualifiés, indique Ramirez Amoretti. “À cause de l’intelligence artificielle il y aura un changement de 35% dans les core skills. Les entreprises chercheront de plus en plus de collaborateurs plus agiles, pour des postes encore plus interdisciplinaires”, a-t-il affirmé.

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Le niveau de préparation à cette révolution numérique diffère d’un pays à l’autre, comme le prouve le Networked Readiness Index publié par le World Economic Forum. Dans l’édition 2016, la Tunisie a été placée 81ème dans ce classement qui mesure les performances des économies à tirer profit des technologies de l’information pour améliorer leur compétitivité, l’innovation et le bien-être de leurs citoyens.

Déjà le workplace est en train de changer: travailler ne se limite plus à être présent de 9h à 17h dans les locaux de l’entreprise pour exécuter des tâches prédéfinies. Aujourd’hui, un job peut se faire à n’importe quel moment, à n’importe quelle place, et les employés peuvent utiliser leur propre matériel ― souvent plus performant que celui de l’entreprise ― dans le seul but de trouver des solutions, sans aucun prérequis. “Même l’e-mail, considéré depuis quelques années comme une véritable révolution, est dépassé. On utilise aujourd’hui de nouveaux outils plus adaptés à la collaboration”, a ajouté Jelassi.

Quels talents pour un monde en perpétuel changement ?

Les universités, qui ont déjà du mal à suivre les besoins du marché du travail, sont plus que jamais contraintes à faire preuve d’agilité et de réactivité. Plus que l’acquisition de nouvelles compétences, l’université devrait doter ses étudiants des outils nécessaires leur permettant de s’adapter facilement aux besoins du marché, a précisé Adel Torjmane, CEO FIS global. Dans la même lignée des idées, Tawfik Jelassi a indiqué qu’avec le rythme accéléré du changement, les compétences acquises à l’université ne pourraient à elles seules accompagner l’individu tout au long de sa carrière. Seuls ceux qui ont la capacité et la volonté de s’adapter aux besoins évolutifs du marché de l’emploi seraient en mesure d’évoluer.

Dans cet environnement nouveau, le chemin linéaire direct entre le diplôme et le poste d’emploi n’aurait plus d’être. “Degrees cannot offer knowledge for life”. D’ailleurs, 30% des emplois de 2020 n’existent toujours pas aujourd’hui et 65% des élèves travailleront dans des postes qui n’existent pas encore.

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