L’exode des compétences ne serait-il pas une opportunité pour la Tunisie ?


Centre des Jeunes Dirigeants

En six ans, 95 mille Tunisiens auraient quitté le pays selon une étude publiée par l’OCDE et 78% des compétences tunisiennes sont tentées par la migration d’après l’ITES. Ce mouvement migratoire qu’on regarde souvent d’un oeil critique ne cacherait-il pas certains aspects positifs? Le Centre des jeunes dirigeants, en partenariat avec la Konrad Adenauer Stiftung, a réuni ce matin un panel d’experts afin de tenter de répondre à cette question. Focus.


Plus de 24 mille compétences tunisiennes sont installées à l’étranger et, d’après l’Ordre national des médecins, 40% des praticiens ont déjà quitté le pays. Ces chiffres, présentés par Mokhtar Kouki, senior economist à l’IACE dressent un bilan peu réconfortant.

Il ne faut cependant pas désespérer, du moins selon Moez El Ghali, président national du CJD. “Ceux qui ont décidé de partir l’ont fait dans la douleur en quittant leur zone de confort”, a-t-il affirmé. “Ces Tunisiens qui ont choisi d’aller sous d’autres cieux ont fini par gagner de nouvelles compétences que nous devons capter”, a-t-il ajouté.

Tout n’est donc pas perdu et il faut juste changer d’approche pour pouvoir tirer pleinement profit de ce mouvement mondial de talents. Au lieu d’essayer de retenir à tout prix les jeunes, El Ghali se demande s’il ne serait pas plus bénéfique de bien se préparer à re-accueillir ces compétences. Et pour ceux pour qui préfèrent garder leur statut d’expatriés, la Tunisie doit trouver les mécanismes nécessaires qui permettent de profiter de ce réseau de diaspora qui s’est créé à l’international.

Pour ce faire, il faut faire preuve d’ingéniosité. “Pour convaincre le grand mathématicien Abbas Bahri à revenir en Tunisie, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur a signé un décret peut lui permettant de ne passer que 3 mois par an à l’ENIT”, s’est rappelé Mohamed Joua, co-fondateur d’Esprit. Et d’ajouter: “Il faut reconnaître le talent, et le rémunérer à sa juste valeur”. Le vrai problème, selon Marouane Bouloudhnine, serait celui qui émane du départ des seniors, ceux qui auraient pour mission de former les nouvelles générations.

De son côté Holger Dix, représentant résident de la Konrad Adenauer Stiftung, propose toute une autre piste. “En Tunisie, on parle du brain drain dans ses aspects négatifs, mais le pays peut aussi attirer les talents des autres pays de la région”. Et d’ajouter: “La question est aussi : comment pouvoir profiter des compétences qui débarquent en Tunisie”?

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