BCT : une meilleure coordination entre la Banque centrale et le gouvernement


Quelques jours après l’achèvement de la troisième revue de l’accord en faveur de la Tunisie, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a organisé, hier, en son siège, une conférence de presse en présence du gouverneur de la BCT, Marouane Abassi et du chef de mission du FMI en Tunisie, Bjorn Rother.

D’emblée Marouane Abassi, gouverneur de la BCT, affirme sur un ton rassurant que les négociations menées avec le FMI dans l’intérêt de la Tunisie étaient constructives. Revenant sur la situation macroéconomique, il a souligné des déséquilibres accumulés depuis l’année 2015 qui se sont fait sentir au niveau de la balance des paiements.

La stagnation du secteur touristique sur les dernières années et l’augmentation du prix de l’énergie n’ont pas aidé. “L’impact est senti dans la diminution des réserves de devises et dans la baisse de la valeur du dinar face aux devises étrangères”, explique le gouverneur de la BCT. La juste valeur du dinar sera déterminée par le marché et est largement tributaire de la compétitivité de l’économie.

Fort heureusement, certaines prémices de reprise se font visibles. Avec un taux de 2,5% au premier trimestre de 2018, la croissance économique commence à clignoter au vert. Elle sera renforcée par une amélioration des transferts des tunisiens à l’étranger, par les recettes touristiques ainsi que la récolte oléicole.

Tout Sauf l’inflation

Rappelons qu’en juin 2018, la BCT avait augmenté son taux directeur, suite à des tensions inflationnistes comme l’a souligné Marouane Abassi. « L’inflation est le mal le plus important à combattre au sein d’une économie et l’impact de l’inaction serait plus grave que l’augmentation de 100 points de base du taux d’intérêt directeur». Le gouverneur de la BCT a précisé qu’il s’y attèle avec les moyens dont il dispose, il n’en reste pas moins que l’inflation ne peut être éradiqué qu’avec une intervention parallèle du gouvernement.

Pour justifier aussi cette augmentation du taux d’intérêt, Abassi a confirmé qu’il est économiquement insensé que le taux d’intérêt réel soit négatif. En effet, ceci n’incite pas à une utilisation efficiente des ressources.

« D’ici 2019, l’inflation sera plus maîtrisable et l’économie réelle aura un meilleur fonctionnement » a-t-il rassuré.

Sur un autre volet, le gouverneur de la BCT a également de son côté, a tiré la sonette d’alarme pour ce qui est du volume de la masse salariale, représentant 14% du PIB et pour ce qui est des parts du budget alloués aux subventions ne sont pas entièrement destinés aux résidents. “Imaginez le manque à gagner causé par les millions de touristes qui viendront pomper de l’essence à un prix subventionné à leurs véhicules.” a-t-il ensuite précisé.

Pour sa part, Bjorn Rother s’est dit optimiste du trend de la croissance économique en Tunisie à la suite d’une période de quasi-stagnation. Il a précisé que la mission du fonds consiste à pousser la Tunisie vers une trajectoire de croissance soutenue. Il a également salué les accomplissements effectuées au niveau des politiques économiques et des réformes structurelles ainsi qu’une flexibilité croissante du taux de change.

Dans ce sillage, il a déclaré « La correction des déséquilibres macroéconomiques et la protection de la croissance économique, des ressources fiscales et des couches sociales les plus vulnérables, ainsi que la création d’emplois restent nos priorités pour la Tunisie ».